Crise financière : après un lundi noir, l'Europe prend ses premières mesures
Crise financière oblige, la suspicion qui entrave les prêts interbancaires (les banques qui autrefois se refinançaient les unes auprès des autres ont désormais beaucoup de réticences à s'accorder mutuellement des crédits) gagne également les places boursières. Si la confiance qui a rapidement déserté les relations entre les établissements pourrait mettre bien plus de temps à se réinstaller, il n'en va heureusement pas de même pour les marchés financiers où un petit rien peut parfois provoquer le rebond. Mais pour l'heure l'inquiétude demeure.
Et l'inquiétude est mauvaise conseillère puisque ni l'adoption du plan Paulson aux Etats-unis (visant à racheter les actifs douteux liés notamment au crédit immobilier à risque dit subprime), ni les diverses nationalisations européennes, ni la garantie des dépôts en Allemagne, ni les concertations multipliées entre dirigeants n'ont su apaiser les tensions. « C'est la panique générale. Tout le monde espérait après l'adoption du plan Paulson et les opérations de sauvetage en Europe que les choses se calmeraient. Mais en réalité, il y a toujours des craintes d'effet domino », a ainsi déploré Adrian van Tiggelen, économiste chez ING Investment à Amsterdam. Les marchés ont anticipés une crise qu'ils imaginent désormais durable en clôturant, ce lundi, chacun leur tour à la baisse.
Wall Street et les places asiatiques furent les premières à tomber avec un Dow Jones passant pour la première fois depuis 2004 sous le seuil des 10.000 points, des bourses de Tokyo, Hong Kong et Djakarta dévissant respectivement de -4,2%, -5% et -10%. Plus tard dans la journée de ce que beaucoup nomme déjà le « lundi noir 2008 », les marchés européens leur ont emboité le pas (-7,07% à Frankfort, -7,85% à Londres, -8,24% à Milan). Mieux, cette journée fut aussi celle des records puisqu'à Paris le CAC 40 a enregistré sa chute la plus importante depuis sa création (un -9,04% bien au-delà du -7,39% du 11 septembre 2001) et la bourse de Moscou a clôturé à un repli historique de -19%.
Côté américain, George…
