Orhan Pamuk fustige l'article 301 et la censure d'internet en Turquie
On savait que la Foire de Francfort allait être forte en émotion, et la première intervention du prix Nobel de littérature Orhan Pamuk vient de frapper fort contre la Turquie, invitée d'honneur.
Déplorant les difficultés encore rencontrées par les écrivains dans le pays, Orhan constate : « Le penchant de l'État turc pour l'interdiction de livre et la sanction des auteurs continue malheureusement. » Et l'auteur de revenir sur l'article 301 du Code pénal qui interdit toute insulte contre l'identité turque, sous peine de représailles judiciaires immédiates.
« Mais personne ne devrait envisager que les auteurs et les éditeurs se décourageant » a-t-il voulu assurer. Pourtant, la censure qui sévit dans le pays et qui s'est toujours appuyée sur l'article 301 exerce une continuelle pression sur les journalistes et les écrivains, qui sont alors traînés en justice et condamnés, comme ce fut son cas.
« Certains ont même été tués. Moi je suis vivant et je suis prêt à faire ce discours d'ouverture », lance Orhan. Et dénonçant encore la politique répressive, il cite l'exemple de YouTube « et d'autres sites turcs qui sont interdits d'accès dans le pays pour des raisons politiques ».
L'ensemble de la presse présente n'a pas manqué de noter que le président Abdullah Gül a applaudi l'écrivain, à la fin du discours... Si ce dernier a reconnu que tous les critères européens n'étaient pas encore remplis par son pays, il estime qu'une grande part des exigences en matière de liberté d'expression a été respectée.
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