Le crédit immobilier : un produit de luxe
Pour une grande partie des ménages français, l'impact de la crise financière actuelle n'est perceptible qu'au travers un crédit que les banques ont de plus en plus de réticences à distribuer. Mais si les établissements ont notablement durci leurs conditions d'octroi, ce paramètre n'est pas le seul à freiner un particulier souhaitant financer son logement.
En effet, cumulée à un accès moins aisé, la hausse des taux de crédit tend à transformer l'emprunt immobilier en produit élitiste. C'est ce que démontre une enquête publiée lundi par le courtier en ligne Empruntis.com. Selon l'étude, le revenu moyen des ménages en France (2.263 euros) ne suffirait plus pour espérer une réponse positive à une demande de crédit immobilier.
Si disposer d'un apport personnel correspondant à au moins 20% de l'investissement envisagé s'avère être aujourd'hui un élément obligatoire, cela ne suffit pas pour autant. Avec cet apport, seul un ménage affichant 5.180 euros de revenu mensuel pourra prétendre à un crédit de 350.000 euros. Pour un emprunt moindre de l'ordre de 150.000 euros, les ressources du même ménage devront s'établir à 2.220 euros.
Si l'étude prévoie également une baisse des prix de l'immobilier de 5% en 2008 puis de 9 à 14% l'année suivante, conditions durcies et augmentation des taux font donc du crédit un produit de luxe, accessible désormais aux seules bourses bien remplies. Geoffroy Bragadir, le fondateur d'Empruntis, estime que « les ménages ne doivent pas espérer un assouplissement de ces taux, qui resteront stables tant que la situation financière n'est pas stabilisée ». « La semaine dernière, on a reçu des banques les premières demandes officielles de restreindre les critères d'octroi », précise le courtier. Si le plan de sauvetage du système bancaire adopté hier par l'Assemblée Nationale vise à relancer la distribution du crédit, il ne faudra toutefois pas s'attendre, selon lui, à une diminution de taux avant le premier trimestre 2009.
Certains observateurs et analystes, semblent toutefois apprécier différemm…
